En France, le Livret A incarne la sécurité financière pour des millions d’épargnants. Avec plus de 57 millions de comptes ouverts et des milliards collectés, il semble être un placement évident… jusqu’à ce que survienne un décès. À ce moment-là, de nombreuses idées reçues s’effondrent.
Contrairement à ce que pensent beaucoup, l’argent placé sur un Livret A ne revient pas automatiquement au conjoint.
Régime matrimonial, testament, notaire, frais bancaires ou héritiers éloignés : les règles de succession se révèlent complexes et parfois déconcertantes.
Dès que la banque est informée du décès du titulaire, elle bloque le Livret A ainsi que l’ensemble des autres comptes bancaires.
Aucun retrait ou versement n’est plus possible, et toutes les procurations prennent fin.
Si certains prélèvements automatiques passent encore temporairement, c’est uniquement parce que les organismes n’ont pas encore été avertis. Le Livret A reste donc gelé jusqu’à ce que la succession soit réglée.
La clôture du Livret A interviendra uniquement après production des documents nécessaires : certificat de décès, attestation notariale ou acte de notoriété. Ensuite, la banque verse les fonds disponibles selon les directives du notaire ou des héritiers légaux.
Contrairement à une croyance largement répandue, le Livret A est toujours individuel — il ne peut pas être ouvert en compte joint. Son contenu est donc inclus dans l’actif successoral, c’est-à-dire dans l’ensemble des biens du défunt à partager.
Le sort du Livret A dépend en premier lieu du régime matrimonial :
– Communauté légale : le conjoint survivant peut récupérer la moitié du livret (part qui lui appartient déjà), le reste entre dans la succession.
– Séparation de biens : la totalité du solde est intégrée à la succession.
En présence d’un testament, les volontés du défunt priment, dans les limites légales (notamment la réserve héréditaire pour les enfants). Sans testament, c’est la loi qui détermine la répartition entre conjoint, enfants, parents ou frères et sœurs.
Les concubins, non protégés par la loi, ne reçoivent rien sauf disposition testamentaire. Dans une famille recomposée, les enfants du premier lit peuvent être prioritaires, rendant la situation encore plus délicate. Un livret oublié peut même dormir pendant des années avant d’être transféré à Ciclade, la plateforme de la Caisse des Dépôts.
Depuis 2025, de nouveaux plafonds sur les frais de succession et d’intervention bancaire encadrent les prélèvements possibles sur les comptes après décès. Certaines banques facturent désormais des frais fixes pour le traitement du Livret A en succession. Il est donc conseillé de comparer les pratiques bancaires et de se rapprocher rapidement d’un notaire.
Oui, sous conditions. Si le montant du Livret A est inférieur à 5 000 € et qu’il n’y a pas d’autres biens, certains héritiers peuvent demander un règlement direct à la banque, sur présentation des documents requis. Sinon, l’intervention d’un notaire devient inévitable, avec un délai moyen de plusieurs semaines à plusieurs mois.
Finalement, anticiper reste la meilleure protection : vérifier son régime matrimonial, rédiger un testament, signaler ses comptes à ses proches… et garder à l’esprit que, même pour un placement aussi simple que le Livret A, la succession peut réserver bien des surprises.
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