Vie Pratique

Acheter un bien au nom de ses enfants, l’astuce fiscale méconnue pour éviter les frais de succession

La succession est un sujet que beaucoup de familles repoussent… jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Pourtant, il existe des stratégies légales et efficaces pour réduire, voire éviter, les frais de succession.

Parmi elles, une approche encore peu connue : acheter un bien immobilier directement au nom de ses enfants ou les intégrer dès l’achat.

1. Pourquoi anticiper la transmission de son patrimoine immobilier ?

En France, la question de la succession est souvent abordée tardivement. Résultat :

  • des frais élevés pour les héritiers

  • des démarches complexes

  • parfois des conflits familiaux

Un manque d’anticipation fréquent

De nombreux Français achètent un bien à leur nom sans réfléchir à la transmission future.

Or, au décès, les droits de succession peuvent représenter des sommes importantes, surtout en cas de patrimoine immobilier conséquent.

Un contexte économique qui pousse à réfléchir

Inflation, incertitudes financières, pouvoir d’achat sous pression…

Ces dernières années, de plus en plus de parents cherchent à protéger leurs enfants. Intégrer ces derniers dès l’achat d’un bien immobilier devient alors une solution stratégique pour sécuriser l’avenir familial.

2. Acheter un bien au nom de ses enfants : le principe

Acheter un bien au nom de ses enfants ne signifie pas nécessairement perdre le contrôle du logement. Il s’agit d’un montage juridique encadré, souvent utilisé par les notaires.

Un objectif clair : réduire la fiscalité successorale

Le but principal est simple :

– transmettre le patrimoine en amont

– éviter les droits de succession au décès

– profiter des dispositifs fiscaux existants

Cette stratégie repose notamment sur le démembrement de propriété, un mécanisme parfaitement légal.

3. Les deux solutions les plus efficaces

Il existe deux montages principaux pour transmettre un bien immobilier sans frais de succession.

Option 1 : céder la nue-propriété aux enfants

Dans ce cas :

  • les parents achètent le bien

  • ils donnent immédiatement la nue-propriété aux enfants

  • ils conservent l’usufruit à vie

Concrètement, cela signifie que les parents peuvent :

  • habiter le logement

  • ou le louer et percevoir les loyers

Au décès des parents, l’usufruit s’éteint automatiquement. Les enfants deviennent pleins propriétaires, sans aucun droit de succession à payer.

Option 2 : donation d’argent et achat en démembrement

Autre possibilité :

– les parents donnent une somme d’argent aux enfants

– parents et enfants achètent ensemble le bien

– les parents gardent l’usufruit

– les enfants détiennent la nue-propriété

Là encore, au décès des parents, le bien revient aux enfants en pleine propriété, sans fiscalité supplémentaire.

4. Les avantages fiscaux à connaître

Ce type de montage permet de cumuler plusieurs dispositifs fiscaux avantageux.

Des abattements très intéressants

Chaque parent peut donner :

– jusqu’à 100 000 € par enfant

– tous les 15 ans

– sans droits de donation

À cela s’ajoute une exonération spécifique :

  • jusqu’à 31 865 € de don d’argent

  • également renouvelable tous les 15 ans

Ces montants permettent de transmettre des sommes importantes sans fiscalité.

Une fiscalité allégée sur la nue-propriété

Lors d’une donation en démembrement, seule la valeur de la nue-propriété est taxée. Plus les parents sont jeunes, plus cette valeur est faible… et donc plus l’opération est avantageuse.

5. Le bon âge pour transmettre selon les experts

Le timing joue un rôle clé dans l’efficacité de cette stratégie.

La tranche d’âge idéale

Selon les notaires, la période optimale se situe entre 61 et 71 ans. À cet âge :

  • les parents sont souvent à la retraite

  • leur situation financière est plus stable

  • la valeur de la nue-propriété est fixée à 60 %

Ce pourcentage est défini par l’article 669 du Code général des impôts.

Attention à ne pas attendre trop longtemps

Plus les donateurs vieillissent, plus la valeur taxable de la nue-propriété augmente. Attendre trop longtemps peut donc réduire l’intérêt fiscal de l’opération.

6. Astuces méconnues à retenir

  • Le démembrement de propriété est réversible automatiquement au décès

  • Aucun frais de succession n’est dû à la fin de l’usufruit

  • Ces montages doivent être réalisés chez un notaire

  • Ils peuvent être combinés avec d’autres stratégies patrimoniales

7. Ce qu’il faut vérifier avant de se lancer

  • Sa capacité financière à conserver l’usufruit

  • L’âge des enfants et leur situation

  • Le respect des plafonds fiscaux

  • L’accompagnement par un notaire ou un conseiller patrimonial

Conclusion

Acheter un bien au nom de ses enfants ou les intégrer dès l’acquisition est une astuce fiscale encore trop peu connue.

Pourtant, elle permet d’anticiper la transmission, de protéger ses héritiers et d’éviter des frais de succession parfois lourds.

Bien préparée et bien accompagnée, cette stratégie peut faire toute la différence sur le long terme.

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