Les frais de succession peuvent vite atteindre plusieurs milliers d’euros. Face à une facture parfois élevée, certains héritiers envisagent une stratégie radicale : refuser de signer l’acte de partage pour éviter jusqu’à 3 500 € de frais. Bonne idée ou fausse économie ? Voici ce qu’il faut comprendre avant de prendre une décision.
Beaucoup pensent que ces frais vont intégralement au notaire. En réalité, ils regroupent plusieurs éléments distincts.
Les frais de notaire comprennent :
Les droits de succession (impôts reversés à l’État)
Les débours (documents administratifs, cadastre, hypothèques…)
Les émoluments du notaire (rémunération réglementée)
👉 Ces montants sont encadrés par décret. Ils ne sont pas librement négociables.
Certains documents génèrent des frais importants :
L’attestation immobilière (obligatoire en présence d’un bien immobilier)
La déclaration de succession
L’acte de partage
C’est surtout l’acte de partage qui alourdit la note.
Pourquoi ?
Parce qu’il déclenche un droit de partage de 2,5 % de la valeur nette des biens partagés.
Exemple :
Pour un patrimoine de 140 000 €, le droit de partage peut dépasser 3 500 €.
C’est ce montant qui pousse certains héritiers à refuser de signer.
Si un héritier refuse de signer l’acte de partage :
– Les biens restent en indivision
– Aucun partage officiel n’est réalisé
– Le droit de partage n’est pas immédiatement dû
À court terme, cela peut effectivement éviter plusieurs milliers d’euros.
Mais attention : cela ne supprime pas les droits. Cela les reporte.
Rester en indivision signifie que :
Tous les héritiers sont copropriétaires
Toute décision importante doit être collective
La vente d’un bien peut devenir compliquée
Et surtout :
Tout héritier peut demander le partage à tout moment
En cas de désaccord, une procédure judiciaire peut être engagée
Or, un partage judiciaire coûte souvent bien plus cher que l’acte notarié initial.
👉 L’économie peut donc être temporaire… et se transformer en perte financière.
Il existe des situations où les frais peuvent être réduits légalement.
Si la succession :
Ne comprend aucun bien immobilier
Est inférieure à 5 000 €
Une attestation signée par tous les héritiers peut parfois suffire pour débloquer les fonds bancaires.
Dans ce cas, l’intervention notariale peut être limitée.
Certaines familles choisissent volontairement de conserver un bien (maison familiale, terrain).
Dans ce cas :
L’acte de partage n’est pas établi immédiatement
Le droit de partage est reporté
Mais cela doit être un choix réfléchi et consensuel, pas une stratégie de blocage.
Refuser de signer peut entraîner :
Des tensions familiales durables
Une impossibilité de vendre rapidement un bien
Des conflits sur les travaux ou la gestion locative
Une paralysie du patrimoine
Et surtout :
Les frais peuvent réapparaître plus tard
Les coûts judiciaires peuvent dépasser largement 3 500 €
L’indivision prolongée est l’une des principales sources de litiges successoraux en France.
Plutôt que de refuser de signer, voici des pistes plus sécurisées :
Demander un détail précis des frais au notaire
Vérifier si certains biens peuvent être attribués sans partage global
Étudier un partage partiel
Anticiper la succession via donation ou démembrement (en amont)
Comparer les estimations immobilières pour éviter une surévaluation
💡 Le notaire a un devoir d’information : posez toutes vos questions avant signature.
Refuser de signer un acte de partage peut permettre d’éviter temporairement plusieurs milliers d’euros de frais de succession. Mais cette économie est souvent provisoire et peut générer des blocages coûteux.
Avant toute décision, analysez la situation dans son ensemble et demandez un chiffrage précis. En matière de succession, la stratégie la plus rentable est souvent celle qui sécurise durablement vos droits.
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