Votre chariot est rempli et la personne derrière vous ne tient que quelques articles. Sans vraiment réfléchir, vous lui proposez de passer devant.
Ce geste paraît banal, mais il peut traduire une capacité à observer rapidement une situation et à comprendre qu’un petit effort de votre part peut faire gagner beaucoup de temps à quelqu’un d’autre. En psychologie, cette manière de prendre en compte le point de vue d’autrui peut se rapprocher de l’empathie cognitive.
L’empathie cognitive désigne la capacité à comprendre la situation, les pensées ou les émotions d’une autre personne.
Dans une file d’attente, cela peut se traduire par un raisonnement très simple : vous avez un chariot plein, la personne derrière vous n’a que deux ou trois produits et la laisser passer ne vous retardera que légèrement.
Vous évaluez donc spontanément le bénéfice pour l’autre par rapport au petit coût que représente votre propre attente.
Laisser quelqu’un passer peut ainsi traduire une certaine attention aux signaux sociaux.
Une personne âgée, un parent accompagné d’un jeune enfant ou un client avec un seul article peuvent être perçus comme ayant davantage intérêt à avancer rapidement.
Cela ne signifie toutefois pas qu’un seul geste suffit à définir toute une personnalité. La décision dépend aussi du contexte, du temps disponible, de l’humeur et des habitudes de chacun.
Des travaux consacrés aux comportements dans les files d’attente ont montré que les personnes sont davantage disposées à coopérer lorsque l’avantage obtenu par l’autre est important alors que leur propre effort reste limité.
Autrement dit, attendre une minute supplémentaire pour permettre à quelqu’un d’en économiser plusieurs peut sembler juste et raisonnable.
Ce comportement peut donc relever à la fois de la courtoisie, de l’observation et d’une capacité à se représenter rapidement la situation de l’autre.
Être attentif aux autres est généralement considéré comme une qualité, mais cela ne signifie pas qu’il faut systématiquement faire passer leurs besoins avant les siens.
Refuser de céder sa place lorsque l’on est pressé ne fait pas automatiquement de quelqu’un une personne sans empathie.
L’équilibre consiste plutôt à comprendre la situation et à choisir librement d’aider lorsque cela semble possible.
La prochaine fois que vous laisserez passer une personne avec quelques articles, ce geste pourra donc simplement montrer que vous avez évalué la situation en quelques secondes et décidé qu’un petit effort de votre part pouvait rendre l’attente plus facile pour quelqu’un d’autre.
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