Les rumeurs circulent depuis plusieurs mois : les conducteurs de plus de 65 ou 70 ans devraient bientôt passer régulièrement devant un médecin pour conserver leur permis de conduire.
En France, ce n’est pas la règle en vigueur en 2026. Pour un titulaire classique du permis B, l’âge ne déclenche à lui seul aucune visite médicale obligatoire. Le permis au format carte est actuellement valable administrativement 15 ans et son renouvellement reste une formalité sans examen médical systématique.
La situation devrait néanmoins évoluer avec la nouvelle directive européenne sur le permis de conduire.
La directive européenne 2025/2205, adoptée le 22 octobre 2025, fixe une validité administrative de 15 ans pour les permis voiture et moto. Pour les catégories poids lourds et transport de personnes, la durée prévue est de cinq ans.
Lors de la délivrance ou du renouvellement, l’aptitude physique et mentale du conducteur devra être prise en compte.
Mais pour les permis classiques, notamment les catégories A et B, les États pourront remplacer l’examen médical par une auto-évaluation de santé ou par un autre dispositif national de suivi de l’aptitude à conduire.
| Situation | Règle en France en 2026 |
|---|---|
| Permis B classique | Pas de visite médicale systématique |
| Conducteur de plus de 65 ou 70 ans | Pas de contrôle uniquement à cause de l’âge |
| Certaines pathologies ou restrictions médicales | Contrôle médical possible ou obligatoire |
| Poids lourds et transport de personnes | Contrôle médical déjà requis |
| Futur renouvellement selon la directive UE | Modalités françaises encore à définir |
Le 17 septembre 2026, le Conseil national de la sécurité routière a recommandé au Gouvernement de mettre en place un auto-questionnaire d’évaluation de l’aptitude à la conduite.
L’idée est de demander au conducteur de s’interroger sur son état physique et mental lors de la délivrance ou du renouvellement du permis, plutôt que d’envoyer systématiquement tous les automobilistes chez un médecin.
Cette recommandation n’est toutefois pas une nouvelle loi. Le CNSR est un organisme consultatif et le Gouvernement doit encore déterminer comment la directive européenne sera transposée en droit français.
L’arrêté du 28 mars 2022 établit la liste des affections pouvant être incompatibles avec la conduite, compatibles sous conditions ou nécessiter un suivi médical.
Il ne faut donc pas comprendre cette liste comme une interdiction automatique de conduire. Une même maladie peut être compatible chez une personne et nécessiter une suspension temporaire chez une autre, selon sa gravité et ses conséquences.
| Problème de santé | Exemples de situations concernées | Conséquence possible |
|---|---|---|
| Troubles importants de la vision | Acuité ou champ visuel insuffisant, certaines diplopies | Correction, contrôle médical ou incompatibilité |
| Épilepsie et pertes de connaissance | Crises, syncopes ou malaises répétés | Suspension temporaire ou suivi |
| Maladies neurologiques | Parkinson, sclérose en plaques, séquelles neurologiques importantes | Évaluation individuelle |
| Troubles cognitifs | Alzheimer ou maladie apparentée avec altération des capacités | Restrictions ou incompatibilité selon le stade |
| Maladies cardiovasculaires | Troubles du rythme, risque de syncope, certaines insuffisances cardiaques | Contrôle et parfois suspension |
| Diabète | Hypoglycémies sévères ou répétées | Surveillance ou restriction selon le risque |
| Troubles du sommeil | Somnolence excessive, apnée non contrôlée | Conduite conditionnée à une prise en charge efficace |
| Troubles psychiatriques sévères | Troubles pouvant altérer jugement, vigilance ou comportement | Évaluation médicale |
| Alcool et stupéfiants | Dépendance ou consommation incompatible avec une conduite sûre | Inaptitude ou suivi médical |
| Handicap locomoteur | Mobilité réduite des bras ou des jambes | Véhicule aménagé ou restrictions possibles |
La réglementation vise plus largement les pathologies, symptômes, handicaps ou déficits sensoriels susceptibles d’affecter l’aptitude à conduire.
Certaines personnes sont déjà concernées, indépendamment de la réforme européenne.
Le contrôle est notamment requis dans certaines situations liées à une maladie susceptible d’être incompatible avec la conduite, à un handicap nécessitant un véhicule aménagé ou à une restriction médicale du permis. Les catégories lourdes C et D sont également soumises à des règles médicales spécifiques.
Service-Public rappelle également qu’en cas de pathologie incompatible avec la conduite, l’absence du contrôle médical requis peut avoir des conséquences sur la couverture de l’assurance automobile si un accident est lié à cette affection.
C’est un point essentiel : le nouveau dispositif européen ne s’applique pas intégralement dès 2026.
Les États membres doivent adopter leurs mesures nationales de transposition au plus tard le 26 novembre 2028. Elles devront, pour l’essentiel, être appliquées à partir du 26 novembre 2029.
D’ici là, la France doit donc préciser si elle retient définitivement l’auto-questionnaire recommandé par le CNSR et dans quelles conditions une réponse pourrait conduire à un contrôle médical.
Pour les automobilistes, et notamment les seniors, la règle à retenir est donc claire : en 2026, l’âge seul ne vous oblige pas à passer une visite médicale pour conserver votre permis B. Le futur système français reste encore à finaliser.
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