Un cancer, une maladie de Parkinson ou une sclérose en plaques peut bouleverser une carrière. Mais ces diagnostics donnent-ils automatiquement droit à une retraite anticipée pour maladie ? Non : en France, il n’existe pas de liste générale de maladies autorisant un départ plus tôt.
Ce sont notamment la reconnaissance du handicap, l’origine professionnelle d’une incapacité et l’inaptitude au travail qui déterminent les possibilités. Selon la situation, certains dispositifs permettent un départ à partir de 55 ans, dès 60 ans ou à 62 ans. Pour éviter de prendre une décision lourde de conséquences financières, voici les conditions à vérifier avant toute demande.
Cancer, maladie de Parkinson, insuffisance rénale ou polyarthrite rhumatoïde peuvent nécessiter des soins prolongés. Certaines de ces affections figurent parmi les affections de longue durée (ALD) reconnues par l’Assurance maladie.
Mais être reconnu en ALD concerne d’abord la prise en charge des soins. Cela ne signifie pas que la personne dispose automatiquement du droit de prendre sa retraite avant l’âge légal.
La retraite anticipée pour handicap peut commencer à 55 ans, mais ce n’est pas un droit accordé sur le seul nom d’une pathologie.
Il faut notamment avoir cotisé un nombre minimum de trimestres tout en justifiant, pendant les périodes concernées, d’une incapacité permanente d’au moins 50 % ou d’un handicap de niveau comparable. La reconnaissance comme travailleur handicapé peut également compter pour certaines périodes antérieures à 2016.
L’âge exact de départ dépend de l’année de naissance et de la durée cotisée exigée.
Une autre voie concerne les séquelles reconnues d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail répondant aux critères réglementaires. Une incapacité permanente d’au moins 20 % peut permettre un départ dès 60 ans, sous les conditions prévues par le dispositif.
Avec un taux compris entre 10 % et 19 %, un départ deux ans avant l’âge légal peut aussi être possible, mais des conditions supplémentaires s’appliquent. L’origine professionnelle et les justificatifs sont déterminants.
Une personne reconnue inapte au travail peut obtenir sa retraite de base à taux plein dès 62 ans, même sans avoir tous les trimestres normalement requis.
Cette reconnaissance relève, selon les situations, du médecin-conseil de la caisse de retraite. Une pension d’invalidité peut également être remplacée par une retraite pour inaptitude à cet âge, avec des règles particulières lorsque l’assuré continue de travailler.
Le taux plein signifie l’absence de décote sur le taux de calcul de la pension de base ; il ne garantit pas une pension maximale. Le montant dépend notamment des revenus de carrière et de la durée d’assurance, tandis que la retraite complémentaire suit ses propres règles.
Avant de quitter votre emploi, consultez votre relevé de carrière, réunissez les décisions de reconnaissance du handicap ou de l’incapacité et demandez une étude à votre caisse de retraite. Le service officiel Info Retraite permet également de réaliser une estimation personnalisée.
Si vous percevez une pension d’invalidité ou une prestation de prévoyance, vérifiez les conséquences du changement de situation. N’arrêtez pas de travailler sans confirmation de vos droits par les régimes concernés.
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