Porter chaque nuit un masque relié à une machine à pression positive continue peut être difficile pour certains patients atteints d’apnée obstructive du sommeil. Pourtant, la PPC reste aujourd’hui le traitement de référence et améliore fortement la qualité de vie lorsqu’elle est correctement utilisée.
Une nouvelle piste médicamenteuse attire toutefois l’attention. L’AD109, pris sous forme de comprimé le soir, vient d’obtenir des résultats encourageants dans un essai clinique de phase 3. Mais il faut garder une distinction essentielle : ce médicament reste expérimental et ne doit pas conduire les patients à interrompre leur traitement actuel.
L’étude SynAIRgy a inclus 646 adultes souffrant d’apnée obstructive légère à sévère et qui ne pouvaient pas ou ne souhaitaient pas utiliser la pression positive.
Les participants ont été suivis pendant 26 semaines dans 69 centres aux États-Unis et au Canada. L’essai était randomisé, en double aveugle et contrôlé contre placebo.
L’AD109 associe deux molécules, l’aroxybutynin et l’atomoxetine, destinées à agir sur le fonctionnement neuromusculaire des voies aériennes supérieures pendant le sommeil.
Le principal résultat concerne l’indice d’apnées-hypopnées, ou IAH, qui mesure le nombre d’interruptions ou de diminutions respiratoires par heure de sommeil.
Après 26 semaines, l’étude estime une diminution moyenne géométrique de 44,1 % de l’IAH dans le groupe AD109, contre 17,6 % sous placebo.
L’IAH médian est passé d’environ 19,8 événements par heure à 13,3 avec le médicament, soit un passage moyen de la catégorie modérée à la catégorie légère.
L’essai indique que 17,6 % des participants traités ont atteint un IAH inférieur à 5 événements par heure à 26 semaines, seuil considéré dans l’étude comme un contrôle complet de la maladie.
Cela ne signifie toutefois pas que près d’un patient sur cinq est définitivement « guéri ».
L’apnée du sommeil est une maladie chronique et l’efficacité observée concerne la période pendant laquelle les participants recevaient le traitement.
Ces résultats ne signifient donc pas que les machines vont disparaître.
L’Inserm rappelle que la pression positive continue demeure la prise en charge de référence, notamment parce qu’elle empêche mécaniquement la fermeture du pharynx pendant le sommeil.
Pour certains patients qui ne tolèrent pas la PPC, d’autres solutions existent déjà, notamment les orthèses d’avancée mandibulaire, certaines prises en charge positionnelles ou, dans des situations sélectionnées, la chirurgie et la stimulation du nerf hypoglosse.
L’AD109 n’est pas encore un traitement disponible en routine.
Aux États-Unis, la demande d’autorisation a été acceptée pour examen par la FDA, qui a fixé une date cible au 28 février 2027 pour sa décision.
L’essai souligne également une limite importante : 34,3 % des participants du groupe AD109 ont arrêté le médicament avant 26 semaines, contre 16,3 % avec le placebo.
Ces données devront donc être prises en compte dans l’évaluation du rapport bénéfice-risque.
Si le traitement obtient les autorisations nécessaires, il pourrait surtout intéresser les patients qui ne tolèrent pas ou refusent la PPC.
Pour l’heure, une personne souffrant d’apnée du sommeil ne doit pas arrêter son appareil ou modifier son traitement sans l’avis d’un médecin ou spécialiste du sommeil.
L’AD109 représente donc une avancée potentielle importante, mais pas encore la fin annoncée des machines nocturnes.
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