La fiscalité des successions revient au centre du débat à l’approche de 2027. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, propose que les héritages soient taxés dès le premier euro, y compris les transmissions les plus modestes.
Cette idée peut sembler radicale au regard du système actuel, qui prévoit plusieurs abattements selon le lien de parenté. Elle reste toutefois, à ce stade, une proposition syndicale et non une réforme adoptée. Aucun barème précis ni suppression détaillée des exonérations n’a encore été présenté.
Invitée de RTL le 25 août 2026, Marylise Léon a plaidé pour une refonte de la fiscalité successorale.
Elle estime que tous les héritages devraient contribuer, même pour de faibles montants, au nom d’une meilleure répartition de l’effort fiscal. La CFDT souhaite porter cette proposition auprès des candidats à l’élection présidentielle de 2027.
Mais l’expression « dès le premier euro » reste encore très générale.
Le système français fonctionne avec des abattements.
Un enfant bénéficie actuellement d’un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chacun de ses parents. Ce n’est qu’au-delà de cette somme que le barème progressif des droits de succession s’applique.
Les frères et sœurs disposent d’un abattement de 15 932 €, les neveux et nièces de 7 967 €.
Le conjoint marié ou le partenaire lié par un Pacs bénéficie d’une exonération de droits de succession.
C’est un point important, car la proposition de la CFDT ne précise pas encore si cette exonération serait maintenue ou non.
Il serait donc prématuré d’affirmer que tous les héritiers paieraient automatiquement un impôt.
Tout dépendrait du futur barème.
Si les abattements étaient supprimés, une partie du patrimoine aujourd’hui transmise sans fiscalité deviendrait imposable. Mais si un taux très faible était appliqué sur les premières tranches, l’impact pourrait rester limité pour les petites successions.
Sans texte détaillé, aucun calcul sérieux ne peut encore être proposé.
La réforme pourrait avoir des conséquences importantes pour les familles qui transmettent un logement, de l’épargne ou un patrimoine financier.
L’assurance-vie possède aujourd’hui un régime fiscal particulier selon l’âge auquel les primes ont été versées. Pour les versements effectués avant 70 ans, un abattement spécifique peut notamment s’appliquer.
Toute évolution de la fiscalité successorale pourrait donc relancer les stratégies de transmission patrimoniale.
Pour l’instant, les règles actuelles restent applicables.
La proposition devra éventuellement être reprise par un candidat, transformée en projet législatif puis votée avant de produire le moindre effet.
Pour les ménages concernés par une succession, le plus important reste donc de distinguer le débat politique actuel des règles fiscales réellement en vigueur.
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