Pour des millions de patients, le masque CPAP reste une contrainte difficile à accepter. Efficace, mais parfois bruyant, inconfortable ou mal toléré, il doit être porté plusieurs heures chaque nuit.
Une étude européenne, appelée FLOW, relance pourtant l’espoir d’un traitement plus simple. Les chercheurs ont testé le sulthiame, un médicament pris par voie orale, chez des adultes souffrant d’apnée obstructive du sommeil. Les résultats sont encourageants, mais ils ne signifient pas encore la fin du masque.
L’apnée obstructive du sommeil provoque des pauses respiratoires répétées pendant la nuit. Elle peut entraîner fatigue, somnolence, troubles de la concentration et augmenter certains risques cardiovasculaires.
Aujourd’hui, le traitement de référence reste la pression positive continue, appelée PPC ou CPAP. L’appareil envoie de l’air dans les voies respiratoires pour les maintenir ouvertes pendant le sommeil.
La Haute Autorité de santé rappelle que la PPC est le traitement de référence du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil.
L’étude FLOW a évalué le sulthiame, un inhibiteur de l’anhydrase carbonique. Cette molécule vise à stabiliser la respiration nocturne, un mécanisme impliqué chez certains patients souffrant d’apnée obstructive du sommeil.
Les résultats publiés indiquent des améliorations dose-dépendantes de l’apnée du sommeil, de l’oxygénation nocturne, de la qualité du sommeil et de la somnolence diurne excessive.
C’est une avancée importante, car peu de traitements oraux ont montré jusque-là un effet direct sur les mécanismes respiratoires de l’apnée obstructive.
Même si les résultats sont prometteurs, le sulthiame reste un traitement expérimental dans cette indication. L’essai FLOW est une phase 2, destinée à évaluer les doses, l’efficacité préliminaire et la tolérance.
Avant une utilisation large, il faudra des essais plus longs, sur davantage de patients, pour confirmer les bénéfices et surveiller les effets indésirables.
Les patients traités par CPAP ne doivent donc pas arrêter leur appareil sans avis médical. Une apnée du sommeil mal contrôlée peut avoir des conséquences importantes sur la santé.
Le sulthiame n’est pas la seule piste. Le tirzepatide, commercialisé aux États-Unis sous le nom Zepbound, a été approuvé par la FDA en décembre 2024 pour certains adultes atteints d’apnée obstructive modérée à sévère avec obésité. Il doit être utilisé avec une alimentation hypocalorique et davantage d’activité physique.
Cette approche agit surtout par la perte de poids, qui peut réduire la sévérité de l’apnée chez certains patients.
La société Apnimed développe aussi AD109, un traitement oral expérimental. L’entreprise a annoncé avoir soumis une demande d’autorisation à la FDA, avec une décision potentielle attendue au premier trimestre 2027 si le dossier est accepté à l’examen.
L’avenir ne sera probablement pas un remplacement brutal du masque par un comprimé unique. L’apnée du sommeil dépend de plusieurs mécanismes : poids, anatomie des voies respiratoires, tonus musculaire, stabilité de la ventilation, âge et autres maladies associées.
Certains patients auront peut-être besoin d’un médicament. D’autres resteront mieux traités par CPAP, orthèse d’avancée mandibulaire, perte de poids, chirurgie ou association de plusieurs solutions.
La vraie avancée pourrait donc être une prise en charge plus personnalisée.
L’étude FLOW redonne espoir aux personnes qui supportent mal le masque. Mais le sulthiame n’est pas encore un traitement disponible pour remplacer la CPAP.
Pour l’instant, le bon réflexe reste de consulter un spécialiste du sommeil, de faire contrôler son appareil, d’ajuster le masque si nécessaire et de vérifier la prise en charge par l’Assurance maladie et la mutuelle santé.
La fin du masque n’est pas encore là. Mais la recherche avance, et les patients pourraient bientôt disposer de davantage d’options.
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