Quand on parle de longévité, les promesses de compléments alimentaires ou de régimes miracles sont nombreuses. Pourtant, les recommandations de santé publique reviennent régulièrement à des aliments beaucoup plus simples, présents depuis longtemps dans les cuisines.
Parmi eux figurent les légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots et pois secs. Elles apparaissent dans plusieurs modèles alimentaires majoritairement végétaux associés à une bonne santé. Cela ne signifie pas qu’elles permettent de vivre jusqu’à 100 ans, mais leur profil nutritionnel présente plusieurs avantages particulièrement intéressants avec l’âge.
L’OMS recommande de privilégier des sources de glucides peu transformées comme les céréales complètes, les légumes, les fruits et les légumineuses. Elle souligne qu’une alimentation de ce type participe à la prévention des maladies cardiovasculaires, du diabète et d’autres maladies chroniques.
Les lentilles, pois chiches et haricots apportent notamment des fibres alimentaires et des protéines végétales.
Avec l’âge, ces caractéristiques sont intéressantes dans une alimentation équilibrée, notamment pour la satiété et la qualité globale des apports.
L’intérêt ne repose pas uniquement sur les observations faites chez les centenaires.
Les données examinées par l’OMS montrent qu’une consommation supérieure de fibres alimentaires est associée à une diminution du risque de développer ou de mourir de maladies cardiovasculaires, ainsi qu’à une réduction du risque de diabète de type 2. Une consommation plus importante de légumineuses est également associée à un risque cardiovasculaire plus faible.
C’est un argument bien plus solide qu’une promesse de longévité exceptionnelle.
Les fameuses « zones bleues » ont popularisé l’idée que certaines populations particulièrement âgées partageaient des habitudes alimentaires communes.
Mais observer une consommation fréquente de légumineuses ne démontre pas que cet aliment est responsable de leur longévité. L’activité physique, les relations sociales, le tabac, l’alcool, l’environnement et la génétique interviennent également.
Même l’identification et la validation démographique des zones de grande longévité font l’objet de discussions scientifiques.
Les fibres contenues dans les aliments végétaux interagissent avec le microbiote intestinal, un domaine très étudié dans le vieillissement.
Des travaux portant sur des populations âgées montrent des différences de microbiote chez les personnes exceptionnellement longévives, mais les chercheurs soulignent encore les incertitudes sur les relations de causalité.
Il serait donc prématuré d’affirmer qu’un aliment peut « rajeunir » le microbiote.
Maria Branyas Morera a vécu jusqu’à 117 ans et 168 jours. Une étude approfondie de son organisme a retrouvé plusieurs particularités génétiques, métaboliques, immunitaires et microbiennes associées à son vieillissement exceptionnellement sain.
Son alimentation peut faire partie de son histoire, mais l’étude ne démontre pas que la consommation quotidienne de yaourt explique ses 117 années de vie.
Lentilles, haricots et pois chiches peuvent être intégrés aux soupes, salades, currys ou plats mijotés.
Les versions en conserve restent pratiques ; l’OMS considère d’ailleurs les produits congelés ou en conserve comme des options intéressantes lorsqu’ils ne contiennent pas trop de sodium ou de sucres ajoutés.
L’essentiel reste donc moins spectaculaire qu’un secret de centenaire : manger régulièrement des aliments végétaux riches en fibres dans le cadre d’une alimentation diversifiée et équilibrée.
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