Une entorse, une opération du genou ou des douleurs chroniques peuvent nécessiter plusieurs semaines de rééducation. Pour les patients qui enchaînent les séances, toute modification de la prise en charge par l’Assurance maladie peut rapidement avoir un impact sur le budget et sur la part éventuellement couverte par la mutuelle.
Or les dépenses consacrées à la masso-kinésithérapie continuent de progresser. L’Assurance Maladie cherche donc des solutions pour mieux maîtriser les soins et leur organisation. Mais faut-il pour autant s’attendre à une baisse immédiate des remboursements ?
Pour l’instant, rien de tel n’a été décidé.
Les séances réalisées par un masseur-kinésithérapeute font partie des actes des auxiliaires médicaux.
En règle générale, l’Assurance Maladie rembourse actuellement 60 % de la base de remboursement conventionnelle. Une franchise médicale de 1 € est ensuite retenue, sauf cas d’exonération.
La complémentaire santé peut prendre en charge tout ou partie du ticket modérateur selon le contrat souscrit.
Il n’existe donc, à ce stade, aucune mesure officielle abaissant de manière générale ce taux pour tous les patients.
L’Assurance Maladie fait face à une progression continue de ses dépenses de santé. Dans son rapport préparatoire pour 2027, elle estime son déficit à 13,8 milliards d’euros en 2026 et avance différentes pistes représentant 3,9 milliards d’euros d’économies potentielles.
La kinésithérapie participe à cette dynamique. À fin mars 2026, les remboursements de masso-kinésithérapie progressaient de 4,4 % sur douze mois, avec notamment l’effet d’une revalorisation tarifaire intervenue en janvier.
L’enjeu consiste donc davantage à améliorer la pertinence et l’organisation des soins qu’à annoncer aujourd’hui une réduction uniforme du remboursement.
Oui, pour certaines situations.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser le débat actuel, il existe déjà des référentiels établissant un nombre de séances au-delà duquel une demande d’accord préalable auprès de l’Assurance Maladie est nécessaire.
Après une entorse externe récente de la cheville, par exemple, cette procédure intervient à partir de la 11e séance. Après la pose d’une prothèse totale du genou, elle commence à partir de la 26e séance.
Cela ne signifie pas automatiquement que les séances supplémentaires sont refusées, mais leur prise en charge doit être justifiée selon la procédure applicable.
Parmi les pistes évoquées dans le débat figurent des modes de rémunération qui reposeraient moins exclusivement sur le nombre d’actes réalisés.
L’objectif serait d’adapter davantage les soins à la pathologie et au parcours du patient, plutôt que de considérer chaque séance isolément.
À ce stade, il s’agit toutefois de pistes de travail. Elles ne permettent pas d’affirmer qu’un patient bénéficiera demain d’un nombre fixe de séances remboursées quelle que soit sa situation médicale.
L’Assurance Maladie tente déjà d’encourager les professionnels à exercer dans les territoires les moins bien dotés.
Des contrats conventionnels accordent ainsi des aides financières aux kinés qui créent ou reprennent un cabinet dans une zone classée « très sous-dotée ». Certaines aides peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros en contrepartie d’un engagement durable dans le territoire.
L’objectif est d’améliorer l’accès aux soins plutôt que de simplement augmenter le nombre total de professionnels.
Si, à l’avenir, la répartition entre Assurance maladie obligatoire et complémentaire santé devait évoluer, le niveau de garantie de la mutuelle deviendrait encore plus déterminant pour le reste à charge.
Mais concernant spécifiquement les séances de kiné, aucune baisse générale du remboursement à 60 % n’est aujourd’hui entrée en vigueur.
Pour les patients déjà en rééducation, le plus utile reste donc de vérifier la base de remboursement de leurs séances, leur éventuelle franchise médicale et les garanties prévues par leur complémentaire santé.
Le dossier est à surveiller en vue des discussions budgétaires pour 2027, mais parler dès maintenant de séances de kiné « bientôt moins remboursées » serait prématuré.
Une serpillière passe régulièrement sur des sols chargés de poussière, de graisse et de résidus…
Une recette circule régulièrement sur les réseaux : mélanger de l’eau, de l’alcool, de l’assouplissant…
Un tracteur avance à faible vitesse sur une route de campagne, la circulation paraît dégagée…