Comparer sa pension à celle des autres retraités est tentant, surtout lorsque le coût du logement, de l’alimentation, de l’énergie ou de la mutuelle pèse davantage sur le budget. Mais connaître uniquement le montant versé chaque mois par les caisses de retraite ne suffit pas à déterminer si une personne appartient aux catégories modestes ou à la classe moyenne.
Les dernières données de la DREES et de l’Insee permettent néanmoins de disposer de plusieurs repères. Et elles montrent surtout qu’il faut distinguer pension brute, revenu disponible et niveau de vie.
Fin 2024, près de 18,2 millions de personnes percevaient en France une pension de droit direct ou une pension de réversion.
Pour les retraités résidant en France, la pension moyenne de droit direct s’établissait à 1 705 € bruts par mois, hors majoration pour trois enfants.
Ce montant constitue une moyenne et non un revenu minimum recommandé.
Une carrière incomplète, le niveau des salaires, le régime d’affiliation ou encore les droits acquis en retraite complémentaire peuvent considérablement modifier la pension d’un assuré.
La réponse ne dépend pas de l’année de naissance.
L’Insee définit la pauvreté monétaire en comparant le niveau de vie au niveau de vie médian de la population. Pour 2024, le seuil correspondant à 60 % de la médiane atteint 1 337 € par mois pour une personne seule.
Ce chiffre ne correspond toutefois pas à une pension brute minimale.
Il tient compte du revenu disponible du ménage, donc des revenus après impôts directs et prestations sociales, ainsi que de sa composition.
C’est une distinction importante.
L’Observatoire des inégalités utilise une autre grille et situe les classes moyennes entre 1 683 € et 3 119 € mensuels de niveau de vie pour une personne seule. Ces montants sont calculés après impôts et prestations sociales à partir des données disponibles.
Une personne peut donc ne pas être considérée comme pauvre tout en restant sous le seuil d’entrée retenu pour la classe moyenne.
Deux retraités touchant exactement la même pension peuvent avoir des niveaux de vie très différents.
L’un peut être propriétaire sans crédit, tandis que l’autre supporte un loyer élevé. Ils peuvent également disposer de revenus issus de l’épargne, d’un patrimoine immobilier, d’une pension de réversion ou vivre en couple.
La pension n’est donc qu’une composante du budget.
En 2024, le taux de pauvreté des personnes âgées de 65 à 74 ans était de 10,6 %, et celui des 75 ans ou plus de 9,9 %, selon l’Insee.
Le véritable repère n’est donc ni « être né avant 1964 », ni toucher une pension précise. Pour évaluer sa situation, il faut regarder l’ensemble des revenus disponibles, les impôts, les prestations et la composition du foyer.
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