À l’approche du budget 2027, le gouvernement étudie plusieurs pistes pour faire participer une partie des retraités à l’effort de redressement des finances publiques. L’une d’elles introduirait plusieurs niveaux de revalorisation selon le montant total des pensions perçues.
Le premier seuil actuellement évoqué est de 1 260 euros par mois. Mais il ne s’agit pas d’une baisse automatique des pensions dépassant ce montant : le mécanisme envisagé concernerait leur revalorisation future.
À ce stade, ces dispositions restent en discussion et ne sont pas définitivement adoptées.
Selon l’avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale évoqué par plusieurs médias, les retraités percevant moins de 1 260 euros mensuels, en tenant compte de l’ensemble de leurs pensions, continueraient à bénéficier d’une pension de base revalorisée au rythme de l’inflation.
L’objectif serait ainsi de préserver davantage les pensions les plus modestes.
La deuxième catégorie concernerait les personnes percevant entre 1 260 et 2 034 euros par mois.
Leur pension de base continuerait d’augmenter, mais moins rapidement que l’inflation. Cette sous-indexation signifierait donc que la pension progresserait en euros, tout en pouvant perdre du pouvoir d’achat par rapport à l’évolution des prix.
Le coefficient exact devrait être fixé ultérieurement si la mesure est finalement retenue.
Le troisième palier concernerait les retraités percevant au moins 2 034 euros par mois au total.
Dans le scénario actuellement étudié, leur pension de base pourrait être gelée, c’est-à-dire rester au même montant malgré l’inflation.
Les pensions complémentaires ne seraient pas directement gelées par cette disposition : le niveau total des pensions servirait à déterminer le palier, mais la mesure viserait la retraite de base.
Le gouvernement a toutefois insisté sur un point : les pensions déjà versées ne seraient pas directement diminuées. L’effet se ferait donc surtout sentir avec le temps, si les prix augmentent alors que la pension de base reste stable.
Une autre piste concerne l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions de retraite.
Aujourd’hui, cet abattement existe toujours. L’article de Pleine Vie rapporte cependant qu’un abaissement de son plafond figure parmi les pistes évoquées pour le budget 2027.
Une telle évolution pourrait avoir des conséquences sur l’impôt sur le revenu de certains foyers retraités, notamment lorsque leurs pensions sont suffisamment élevées pour être imposables.
Là encore, il ne s’agit pas encore d’une mesure définitivement adoptée.
La différence entre une pension indexée sur l’inflation et une pension sous-indexée peut sembler faible sur une seule année. Mais elle peut devenir plus visible sur plusieurs années si les prix continuent de progresser.
Un retraité dont la pension augmente moins vite que l’inflation peut ainsi voir progressivement diminuer son pouvoir d’achat, même si le montant versé chaque mois continue légèrement d’augmenter.
Pour les pensions gelées, l’effet serait encore plus direct : le revenu resterait stable tandis que certaines dépenses pourraient continuer à progresser.
Trois situations sont donc envisagées.
Les personnes percevant moins de 1 260 euros par mois conserveraient une indexation sur l’inflation.
Entre 1 260 et 2 034 euros, la revalorisation de la pension de base serait plus faible que l’inflation.
À partir de 2 034 euros par mois, la pension de base pourrait ne plus être revalorisée pendant la période concernée.
Le montant pris en compte pour déterminer le palier correspondrait à l’ensemble des pensions perçues, même si la modulation concernerait ensuite la pension de base.
Les seuils de 1 260 et 2 034 euros donnent une première indication de la logique envisagée pour 2027 : protéger davantage les petites pensions et limiter progressivement la revalorisation des pensions plus élevées.
Mais ces mesures doivent encore passer par les arbitrages gouvernementaux et le débat parlementaire. Les montants, les seuils ou le mécanisme peuvent donc encore évoluer avant l’adoption définitive du budget.
Pour les retraités, le sujet ne se résume pas à savoir si leur pension va baisser. Le véritable enjeu concerne surtout la vitesse à laquelle elle évoluera face à l’inflation.
Une pension de 1 500, 2 000 ou 2 500 euros peut sembler stable sur le papier, mais son pouvoir d’achat dépend directement des prix du logement, de l’énergie, de l’alimentation et de la santé.
Les seuils de 1 260 et 2 034 euros sont donc à surveiller, mais une chose reste essentielle : tant que le budget 2027 n’est pas définitivement adopté, ces mesures restent des pistes et non des règles acquises.
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