Préparer sa succession n’est jamais agréable. Pourtant, attendre le dernier moment peut coûter cher aux enfants, surtout lorsqu’il existe de l’épargne, un bien immobilier ou une assurance-vie.
La bonne nouvelle, c’est qu’il reste plusieurs leviers fiscaux pour transmettre de son vivant. Certains sont encore possibles après 70 ans, mais l’un d’eux doit impérativement être utilisé avant les 80 ans du donateur.
L’assurance-vie reste un outil majeur de transmission. Mais son régime fiscal change selon l’âge auquel les versements ont été effectués.
Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire peut profiter d’un abattement de 152 500 €. Après 70 ans, l’abattement tombe à 30 500 €, tous bénéficiaires confondus, pour les primes versées après cet âge.
Cela ne rend pas l’assurance-vie inutile après 70 ans. Mais il faut l’utiliser avec une stratégie claire, surtout si plusieurs enfants ou petits-enfants sont bénéficiaires.
Un parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chacun de ses enfants sans droits de donation. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans.
Pour un petit-enfant, l’abattement est de 31 865 €. Là encore, il est renouvelable tous les 15 ans.
Ce mécanisme permet d’anticiper la succession par étapes. Plus la donation est faite tôt, plus il devient possible de réutiliser les abattements une nouvelle fois.
La donation avec réserve d’usufruit est particulièrement utilisée pour l’immobilier. Le parent donne la nue-propriété du logement, mais conserve le droit d’y vivre ou d’en percevoir les loyers.
Fiscalement, les droits ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété. Cette valeur dépend de l’âge de l’usufruitier, selon un barème officiel.
Au décès, l’usufruit s’éteint et les enfants récupèrent la pleine propriété sans nouveaux droits sur cette réunion. C’est un levier puissant, mais il doit être préparé avec un notaire.
C’est le geste à ne pas oublier. Le don familial de sommes d’argent permet de transmettre jusqu’à 31 865 € à un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant majeur, sans droits fiscaux, à condition que le donateur ait moins de 80 ans.
Ce don peut se cumuler avec l’abattement classique. Service-public donne l’exemple d’un enfant majeur pouvant recevoir jusqu’à 131 865 € de son parent de moins de 80 ans sans payer de droits, en cumulant les deux dispositifs.
Après 80 ans, ce bonus spécifique disparaît. C’est pourquoi il mérite d’être étudié avant cette date.
Depuis le 13 novembre 2025, les frais bancaires de succession sont plafonnés à 1 % des sommes concernées, dans la limite de 850 €, montant ensuite revalorisé chaque année.
Ce plafonnement ne remplace pas une stratégie patrimoniale. Mais il limite certaines factures bancaires qui pouvaient peser sur les héritiers.
Donation, assurance-vie, usufruit, don familial : ces leviers peuvent se compléter, mais ils ne doivent pas être utilisés au hasard.
Avant d’agir, il faut vérifier la composition du patrimoine, le nombre d’héritiers, l’âge du donateur, les besoins futurs, les règles de réserve héréditaire et les conséquences fiscales.
Pour éviter une erreur coûteuse, un rendez-vous chez le notaire reste souvent le meilleur investissement.
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