Films de famille, photographies de plage ou archives télévisées donnent souvent la même impression : les adultes paraissaient globalement plus minces dans les années 1970. Cette perception peut être influencée par les vêtements, la sélection des images et les standards esthétiques de l’époque.
Elle correspond néanmoins à une évolution réelle de la santé publique. À l’échelle mondiale, la prévalence de l’obésité chez les adultes a plus que doublé entre 1990 et 2022. En France, les données disponibles montrent également une progression importante depuis les années 1990.
Dans les années 1970, les aliments ultra-transformés, les boissons très sucrées et les produits conçus pour être consommés à tout moment occupaient une place moins importante dans les habitudes alimentaires.
Cela ne signifie pas que tous les repas étaient équilibrés. Les régimes pouvaient être riches en matières grasses, en sucre ou en sel, mais les occasions de manger étaient souvent moins nombreuses et l’offre de produits prêts à consommer moins omniprésente.
Un essai contrôlé du National Institutes of Health a montré que des participants soumis à une alimentation ultra-transformée consommaient environ 500 calories supplémentaires par jour et prenaient du poids, malgré des repas présentés comme comparables sur plusieurs critères nutritionnels. L’étude était toutefois courte et ne suffit pas à expliquer seule l’évolution de l’obésité.
Les portions proposées dans la restauration et certains produits emballés ont évolué au fil des décennies. Parallèlement, l’accès permanent aux snacks, aux livraisons et aux distributeurs facilite aujourd’hui les prises alimentaires en dehors des repas.
La prise de poids dépend cependant de l’ensemble du bilan énergétique et non d’un aliment isolé. Le sommeil, le stress, les médicaments, les hormones, la génétique et les conditions sociales jouent également un rôle.
Les générations des années 1970 ne pratiquaient pas nécessairement davantage de sport organisé. Elles pouvaient toutefois marcher davantage, emprunter plus souvent les escaliers, réaliser des tâches manuelles et occuper des emplois physiquement exigeants.
Cette dépense quotidienne, parfois qualifiée d’activité « invisible », s’additionne au fil de la journée. Elle peut représenter une différence importante sans passer par une séance de sport.
Le développement des emplois de bureau, des déplacements motorisés et des loisirs numériques a augmenté le temps passé assis. En France, plus de 37 % des adultes restent désormais assis plus de huit heures par jour.
L’Anses souligne que plus d’un tiers des adultes cumulent une activité physique insuffisante et une sédentarité élevée, une combinaison associée notamment à un risque accru d’obésité et de maladies cardiovasculaires.
Tout le monde n’était pas mince dans les années 1970. Les photos mettent davantage en avant certains âges, certains milieux sociaux et les personnes correspondant aux standards visuels du moment.
La différence actuelle ne peut donc pas être réduite à un manque de volonté. Elle reflète un environnement devenu plus favorable à la consommation calorique et à la sédentarité, auquel s’ajoutent de nombreux facteurs individuels.
Reprendre certaines habitudes simples — cuisiner davantage, limiter les produits ultra-transformés et bouger régulièrement — peut aider. Une prise de poids importante ou persistante mérite toutefois une prise en charge personnalisée plutôt qu’un retour idéalisé au mode de vie d’autrefois.
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